Un mois en Thaïlande hors des sentiers battus : Bangkok, l'Isan, le Laos et les îles

La plupart des itinéraires d’un mois en Thaïlande font la même boucle : Bangkok, le nord, les îles, retour. C’est un bon voyage. Ce n’en est pas un d’un mois : c’est un voyage de deux semaines étiré, avec des journées de transport en plus.
Un mois autorise autre chose. Il permet d’aller là où presque personne ne va, de franchir une frontière, et de revenir vers la mer sans avoir l’impression de refaire le chemin à l’envers. Voici l’itinéraire réel que j’ai suivi, et ce que je referais différemment.
L’itinéraire en un coup d’oeil
| Étape | Durée indicative | Comment on y va |
|---|---|---|
| Bangkok | 3 à 4 jours | arrivée internationale |
| L’Isan, le nord-est | 10 jours | vol intérieur ou train de nuit |
| Le Laos | 4 à 5 jours | bus, depuis le Mékong |
| Retour vers le sud | 1 jour | vol intérieur depuis Roi Et |
| Krabi et la côte Andaman | 5 à 6 jours | vol ou route |
| Koh Samui et le golfe | 5 à 6 jours | vol ou bateau |
Bangkok, et pourquoi ne pas s’y attarder
Trois jours pleins suffisent, et c’est déjà beaucoup si la suite du voyage est longue.
Ce qui vaut le temps qu’on y passe
Les grands temples en une seule matinée, tôt, par le fleuve. Un marché. Une soirée à Chinatown quand les échoppes s’installent. Une vue en hauteur, une fois, pour prendre la mesure de la ville.
Ce qui peut attendre le retour
Tout le reste. Vous repasserez probablement par Bangkok pour le vol international, et la ville se apprécie mieux en fin de voyage, quand on n’a plus rien à prouver.
Le détail est sur la page visiter Bangkok.
L’Isan, l’étape qui change le voyage
C’est ici que l’itinéraire cesse de ressembler à celui de tout le monde. Le nord-est est la région la plus peuplée de Thaïlande et la moins visitée par les étrangers : pas de plage, pas de site mondialement connu, presque aucun guide francophone.
Ce qu’on y trouve
Le Mékong, qui fait frontière avec le Laos. Une langue proche du lao. Une cuisine bien plus relevée, dont le som tam et le riz gluant sont sortis pour conquérir le reste du pays. Et une vie ordinaire qui ne se met pas en scène pour les visiteurs.
Ce qu’il faut accepter
L’anglais y est rare. Le confort est rudimentaire. Les distances sont longues et les transports lents. On n’y coche rien, on y observe.
J’y ai passé une dizaine de jours, logée chez des amis, dans leur famille. Les étrangers qu’on y croise ne sont presque jamais des voyageurs de passage : ce sont des expatriés installés. Le détail est sur la page l’Isan.
Le Laos, à portée de bus
Depuis le Mékong, la frontière est une formalité et quelques heures de route. Quatre ou cinq jours suffisent pour justifier le détour, et le contraste avec la Thaïlande est plus net qu’on ne l’imagine pour deux pays voisins.
Le point à vérifier avant de partir : les conditions d’entrée au Laos et, surtout, les conditions de retour en Thaïlande. Un aller-retour hors du territoire remet les compteurs à zéro sur l’exemption de visa, mais les règles changent et les enchaîner est mal vu. Voyez la page formalités.
Le retour vers le sud, et le calcul qui le rend possible
C’est l’étape qui décide de tout, et elle tient dans un chiffre : un vol intérieur coûte 30 à 60 € réservé à l’avance.
Depuis l’Isan, un vol depuis Roi Et permet de redescendre vers le sud en une matinée, là où la route demanderait deux jours pleins. Sans ce vol, l’itinéraire ne tient pas dans un mois.
La règle que j’en retire : sur un mois, prévoyez au moins deux vols intérieurs. À ce prix, la question n’est pas le budget, c’est de savoir si vous préférez passer une journée dans un bus ou sur une plage.
Les îles, et dans quel ordre
La côte Andaman d’abord
Krabi et sa province : Ao Nang comme base, Railay accessible seulement en bateau, le temple de la grotte du Tigre au petit matin. Ce sont les paysages les plus spectaculaires du pays.
Le golfe ensuite
Koh Samui, puis Koh Tao, qui reste mon île préférée et l’un des endroits les moins chers au monde pour passer un premier niveau de plongée.
Mais l’ordre dépend du mois
C’est le seul point où l’itinéraire ne se décide pas à l’envie. Les deux côtes ont des saisons opposées : l’Andaman de novembre à avril, le golfe de janvier à septembre. En novembre, le golfe est le plus arrosé du pays pendant que l’Andaman est au sec, à trois cents kilomètres de là.
Vérifiez la saison avant de fixer l’ordre : quand partir et la saison des pluies.
Ce que je ferais différemment
Moins de Bangkok au début, plus à la fin. Trois jours à l’arrivée suffisent largement, et la ville est plus agréable quand on a le reste derrière soi.
Plus de temps dans l’Isan, pas moins. C’est l’étape dont on se souvient, et dix jours y passent vite.
Un vol intérieur de plus. Chaque trajet de nuit économisé est une journée gagnée, pour le prix d’un repas au restaurant en France.
En résumé
Un mois en Thaïlande ne sert à rien s’il se contente d’étirer un itinéraire de deux semaines. Ce qu’il permet, c’est l’Isan, dix jours dans la région la plus peuplée et la moins visitée du pays, un passage par le Laos depuis le Mékong, et un retour vers les îles par un vol intérieur à 30 à 60 € qui économise deux jours de route. L’ordre des deux côtes ne se choisit pas à l’envie mais au calendrier : Andaman de novembre à avril, golfe de janvier à septembre. Et Bangkok se garde pour la fin.